La Doré est la fille des paroisses environnantes un peu plus anciennes que sont Saint-Prime, Saint-Méthode et Saint-Félicien. En 1889, Eugène Bélanger, venu de Saint-Félicien, s’installe avec sa famille sur le territoire qui devait constituer un peu plus tard le village de Notre-Dame-de-La-Doré. L’été suivant, Bellarmin Audet (dit-Lapointe) vient bâtir son moulin sur un coude de la Rivière-aux-Saumons. À ce moment, les cantons Desmeules et Dufferin formant le territoire de La Doré se trouvent déjà habités par une trentaine de personnes.

Venant de Saint-Prime, où il a déjà construit une petite scierie en 1885, Bellarmin Audet (dit-Lapointe) semble appartenir à la race de ces industriels qui ouvrent successivement plusieurs petites scieries en suivant pas à pas le mouvement de la colonisation. Aussitôt qu’un nouveau noyau de peuplement se forme un entrepreneur y installe son moulin rudimentaire, tout juste apte à scier le bois des terres qu’on s’acharne à défricher, pour fabriquer les matériaux nécessaires à la construction des maisons des colons. Après cette première phase d’occupation du sol, plutôt que de rationaliser l’organisation de leur entreprise, plusieurs de ces entrepreneurs préfèrent déplacer leur « industrie », emportant même parfois leur ancienne machinerie sur le site d’un nouvel établissement de colonisation. C’est à ce type d’industriel itinérant que nous rattachons Bellarmin Audet (dit-Lapointe).

Rien de surprenant donc à ce que, dès 1892, le moulin soit vendu à l’un des premiers colons de La Doré, monsieur Alfred Angers. Il est probable que monsieur Angers ait d’abord été employé par Bellarmin Audet (dit-Lapointe) pour l’aider à faire fonctionner son moulin. Les rares documents qui mentionnent son nom lui donnent le titre de mécanicien. Alfred Angers conserve son moulin jusqu’en 1904 alors qu’un accident de travail l’oblige à le vendre. Propriétaire malchanceux, monsieur Angers avait dû en, 1899, reconstruire son moulin complètement détruit par les flammes au cours de l’hiver.